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23 août 2013
Le côté obscur de la course
Auteur : Claude Boulianne


J’ai repoussé le dossier top-secret sur la table où s’entassaient trois cadavres de café froids. J’ai enfilé mon gilet style kangourou de l’Université Harvard, une vieille casquette du FBI et je suis parti ! En pleine course, foulée parfaite, admirant sur la rive du Lac Dufault, deux équipes d’aviron  qui s’entrainaient en cadence supervisées par des Hobbits qui gueulaient dans des genres de cornets ! Le long de mon trajet déambulaient des gens admiratifs en robe de chambre, journaux à la main tandis que je réajustais mes « Ray ban ». J’étais là sans montre, sans musique, en jogging suit gris, j’étais exactement dans un film des années 90 !

C’est là, à ce moment précis qu’elle m’a dépassée par la gauche, la réalité avec sa queue de cheval. Elle m’a laissé seul sur les rives gelés du Lac, tel un cône orange avec du frimas dans les cils. Mon ombre projetait l’image d’un animal blessé se déplaçant avec une foulée de tyrannosaure. J’étais là, seul dans la noirceur la plus pure du côté obscur de la course.

On vous a vendu un produit réconfortant, tadam : la course à pied ! Ce sport allait transformer en mieux votre vie et bla bla bla… Mais vous auriez mieux fait de lire les petits caractères au bas du contrat… Mais non,  vous étiez trop occupé à parader vos souliers sur Instagram !

Voici ce que les blogues contrôlés ne vous mentionneront jamais à propos de la course à pied ! Ils tairont volontairement ces passages, camouflant la contrepartie du contrat. On entre dans la pénombre !

De ce côté, personne ne vous encourage au coin de la rue, au mieux on vous ignore. Les photos que vous verrez de vous en pleine action lors d’une course organisée vous donneront le goût de changer d’identité et de refaire votre vie au fond d’une grotte.

Du côté obscur, vous partirez avec l’ambition d’un 10 kilomètres et  revenir après 4.23 votre vie brisée. Vos papilles n’apprécieront jamais l’eau à saveur de plastique de fond de gourde. Vous allez vous faire dépasser par le camion-balai et ravaler votre orgueil enrobé de poussière.

Du côté obscur, votre rage sera votre seul réconfort lorsque vous constaterez les temps officiels de votre joufflu voisin alcoolique. Vous allez vous acheter des bouquins de course, les feuilleter et ne jamais reconnaitre vos pieds sur aucun dessin. Vous allez en venir à détester la musique sur votre liste de lecture, que vous aviez promis de changer à la semaine 3 de votre programme, jusqu’à envisager de bannir le groupe au sein de votre famille. Vous allez un moment vous dire que vous auriez dû commencer à courir au secondaire même si la gang d’athlétisme était …La gang d’athlétisme.

De ce côté, vous allez devoir sortir par vous-même, vous botter le derrière échauffé par endroit, sans applaudissement et sans « j’aime ».  Le bitume penchera toujours d’un côté et votre motivation parfois de l’autre.

De ce côté, chaque enjambée imparfaite est faite par vous et pour vous.

Heureusement, comme moi, il vous arrivera le long de votre parcours de course, en prenant une gorgée d’eau sur le menton, de sentir la béatitude vous ruisselez le long du dos… Lorsque cela m’arrive, j’arrête alors ma musique et j’arrive à entendre l’entraineur d’aviron scander au loin la cadence. Je sais alors que je ne suis plus dans l’obscurité mais bien dans une scène superbe de ma vie de coureur !
         

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25 août 2013
Commentaire de : mario tremblay
hahhahah, très bon Claude!